Le blogue de MQRP

Public vs privé

Le ministre devrait défendre le caractère public du système de santé

Le conseil d'administration de MQRP

22 novembre 2017 —  

Suite à l’annonce du ministre Barrette, qui dit vouloir éliminer la « culture qui oppose toujours public et privé », Médecins québécois pour le régime public (MQRP) dénonce cette position. « Le gouvernement et le ministre devraient défendre le caractère public du système québécois, pas vouloir y faire entrer « plus » de soins privés » explique Dre Isabelle Leblanc, présidente du regroupement de médecins.

Le ministre dit défendre le système public, mais ses actions semblent dire autrement. Ce n’est d’ailleurs pas la première visite du ministre à des regroupements d’affaires où il laisse entendre qu’il y aura plus de place pour le profit au sein du système québécois. L’on apprenait d’ailleurs récemment que le ministre sera présent au « Forum de l’industrie de la santé de Québec » un événement qui est organisé par « Québec international », une agence dont le but est de « promouvoir l’environnement concurrentiel de la région de Québec » et « d’attirer les investissements étrangers », la liste des invités à ce forum surprend : le ministre lui même (dont l’allocution se veut, selon le programme, une « amorce » à des « dialogues entre le réseau et l’industrie de la santé »), le directeur général adjoint des services de santé du ministère, le sous-ministre, le vice-président de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) et d’autres aux côtés des dirigeants de Roche, Medtronic, GSK, etc.

Il est inquiétant de voir que le ministre -qui est en charge du système public et devrait donc le défendre- promet « d’ouvrir les portes » des établissements de santé aux entreprises privées plutôt que de miser sur des solutions publiques. « Le gouvernement pourrait supporter l’innovation et l’amélioration des soins au sein du système public, mais il ouvre plutôt nos établissements aux intérêts privés, plutôt que de voir notre système comme une richesse, le ministre semble vouloir en faire des opportunités de profits » ajoute Dre Leblanc. Rappelons que le système se relève à peine de deux  « révolutions » du ministre Barrette et aurait grand besoin qu’on travaille à mieux coordonner des soins complémentaires, pas les fractionner encore plus et instaurer de la concurrence au sein même de nos institutions. Le ministre se défend de vouloir privatiser, disant simplement vouloir créer un « interface », mais il est difficile de voir comment ouvrir le système aux entreprises privées et donner accès aux données publiques à des entreprises privées ne constitue pas une privatisation.

 

MQRP, Rémunération des médecins

Rémunération des médecins, une réflexion urgente à faire

Isabelle Leblanc, présidente

2 avril 2017(nb cet article est écrit et endossé par tous les membres du CA de MQRP)

Depuis la publication du budget 2017 du gouvernement du Québec, beaucoup de mystère plane sur l’avenir de la rémunération des médecins. Alors que le ministre Barrette dit vouloir diminuer radicalement les sommes consenties à ceux-ci lors des dernières négociations, quelques cases laissées vides dans le budget laissent présager le contraire¹. L’enjeu monétaire est colossal, mais les stratégies du ministère sont bien peu transparentes. Dans ce contexte, notre regroupement propose d’amorcer une saine réflexion sur la rémunération des médecins au sein du système public.

La masse salariale des médecins s’élève à 7 milliards de dollars², soit 18% du budget du ministère de la santé et des services sociaux³. Ce montant reflète les récentes augmentations consenties au terme d’une bataille légendaire menée par docteur Barrette, alors président de la Fédération des médecins spécialistes. Celui-ci brandissait la menace de l’exode des médecins parce qu’ils seraient mieux payés hors Québec. Maintenant ministre, son discours a changé. On reconnaît certes là l’habileté d’un homme résolu à ne pas succomber au chantage qu’il a lui même orchestré, mais nous sommes en droit d’exiger un peu plus de probité de la part de celui qui contrôle le premier poste budgétaire de l’État.

Le ministre a beau être fier d’avoir réglé la question de la rémunération des médecins, le hic c’est que beaucoup de médecins n’y voyaient pas là un problème. En contrepartie, la réforme enclenchée par le ministre a déjà entraîné un nombre record de départs de médecins vers l’Ontario ou vers… le privé4. Ceci indique clairement que la détérioration des conditions de travail dans le réseau de la santé ainsi que les coupes successives qui ont affecté les professionnels et causé une diminution des services à la population, ont un impact bien plus grand que les gros sous sur le comportement des médecins.

Les médecins effectuent un travail important et difficile, mais ils seraient incapables de bien le faire s’ils n’étaient entourés d’un grand nombre de travailleuses et travailleurs qualifié(e)s et dévoué(e)s, et d’une panoplie d’outils, souvent sophistiqués et coûteux. Ce sont des éléments qu’il faut aussi savoir valoriser.

Le discours du ministre sur l’accessibilité aux soins de première ligne est peu sensible à ces enjeux. Il tourne autour de la seule inscription auprès d’un médecin de famille. Le système serait un échiquier bien simple: des pions identiques devant un ligne de spécialistes distingués. Cette image a quelque chose de moyenâgeux. En plus des différents rôles du médecin de première ligne, on oublie d’y considérer l’expertise immense développée dans plusieurs domaines où oeuvrent des travailleurs qui ne sont pas médecins : infirmières(ers), “super-infirmières(ers)”, pharmacien(ne)s, physiothérapeutes, psychologues, ergothérapeutes, optométristes, pour n’en nommer que quelques-uns. La preuve scientifique est faite que ces professionnels de la santé peuvent offrir des soins tout aussi, sinon plus, appropriés que ceux des médecins: pensons à la psychothérapie au lieu ou en complément d’antidépresseurs, à la physiothérapie au lieu ou en complément d’analgésiques, ou encore aux soins de qualité à moindre coût (on songe ici aux compétences sous utilisées des infirmières). L’organisation des soins de première ligne devrait inclure ces services au même titre que la médecine. Or, l’offre publique de ces professionnels est si pauvre que seuls les détenteurs d’assurance privée ou les gens plus fortunés y ont accès. Ceci est d’autant plus injuste qu’il est bien démontré que ce sont précisément les personnes les moins bien nanties qui ont le plus besoin de tels services5 .
Étant donné ces considérations, MQRP préconise une réflexion honnête sur le salaires des médecins. Celle-ci devrait aboutir à un gel de la rémunération globale des médecins pour mieux redistribuer ces sommes dans le système de santé et combler les besoins de la population de façon plus appropriée. Ni l’abolition récente des frais accessoires, ni les salaires des médecins d’autres provinces ne devraient servir de prétexte pour augmenter la masse salariale des médecins au détriment d’autres services publics.

 


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Si vous voulez voir la lettre sur le même sujet publiée en décembre 2015 par MQRP c’est ici


1 L ’offre de Québec aux médecins: 1,4 milliard en cinq ans. Amélie Daoust Boivert. Le Devoir. 31 mars 2017.
2 http://iris-recherche.s3.amazonaws.com/uploads/publication/file/Re_mune_ration_des_me_decins_WEB.pdf
3 www.budget.finances.gouv.qc.ca
4  Le Devoir, 21 juillet 2015
5 http://www.thecanadianfacts.org/Les_realites_canadiennes.pdf

frais accessoires, Imagerie

Échographies et frais accessoires: bonnes nouvelles, moins bonnes conséquences

Isabelle Leblanc, présidente

19 janvier 2017 —  

 

Chers membres de MQRP,

Le début d’année 2017 est vraiment plein de rebondissements pour le système de santé ! Retenons deux événements majeurs, l’abolition des frais accessoires et la couverture publique de l’échographie ; ainsi que trois événements à surveiller: l’arrivée de la facturation à l’activité, les négociations sur la rémunération et les transferts en santé.

Frais accessoires
Tout d’abord, les frais accessoires. Après avoir parlé de les «normaliser» et de les «encadrer» lors de l’adoption de la loi 20, le ministre de la Santé a par la suite annoncé le 14 septembre 2016 qu’il les « abolirait ». Le règlement laissait place à beaucoup d’ambiguïté puisqu’il ne mentionnait pas vraiment l’abolition des frais accessoires et plutôt la permission de facturer des frais de transport d’échantillons.

Début janvier, l’annonce officielle de la fin des frais accessoires le 26 janvier 2017 fut faite. La lecture du tableau fourni par le MSSS est très encourageante : non seulement les frais pour les médicaments fournis en cabinet sont dorénavant interdits, mais certaines fournitures sont rajoutées au panier de service, comme les lentilles souples pour les cataractes, les tests de coagulation faits en pharmacie et d’autres frais dont le statut était flou sont dorénavant officiellement couverts (les billets d’absences temporaires au travail, les copies de dossier).

C’est une excellente nouvelle : une réponse du gouvernement à une mobilisation citoyenne qui dure depuis des années, qui a réuni des groupes de patients, des syndicats, des avocats et bien sûr MQRP, qui en avait fait un de ses dossiers prioritaires depuis 2012.

Nous nous réjouissons aussi de la nouvelle loi 92, qui augmente les pouvoirs de la RAMQ. Celle-ci pourra sévir en cas de facturation de frais aux personnes assurées, avec plus de personnel pour faire enquête et des sanctions plus conséquentes.

Il reste un élément majeur à surveiller : est-ce que l’offre de service en cabinet continuera, et comment? Certains médecins, de même que la FMSQ, affirment ne pas pouvoir continuer à donner les services au patient s’ils ne peuvent plus facturer les frais accessoires. D’autres professionnels — optométristes, pharmaciens — sont aussi touchés et semblent considérer diminuer certains services. Le ministre Barrette avait clairement dit que les coûts devraient être absorbés directement à partir des enveloppes de rémunération déjà existante. Récemment toutefois, il disait que « les frais accessoires ne peuvent pas être remplacés par des tarifs qui vont générer une perte, alors il est sûr et certain que les tarifs qui vont être ajustés vont couvrir les frais d’exploitation des actes et des services concernés », ce qui pourrait ouvrir la porte à des enveloppes bonifiées.

L’accès aux soins, qui était auparavant limité pour de très nombreux patients en raison des barrières financières, demeure encore précaire dans le contexte actuel suite à cette possible baisse de l’offre de soins.

Échographies
L’annonce tant attendue de la couverture des échographies, une demande de MQRP depuis des années (voir notre rapport annuel de 2012), est assombrie par la diminution draconienne de l’offre de ces examens offerts en cabinets privés depuis. Il aurait été évidemment plus souhaitable pour le système de rapatrier tous ces examens dans les établissements publics, permettant une meilleure gestion et organisation des soins. Mais la décision fut prise de les couvrir en cabinet, une solution rapide qui nous semblait acceptable pour améliorer l’accès immédiatement, surtout si elle s’accompagnait d’un projet de rapatrier les soins au public par la suite.

Or il semble que les tarifs décidés par le ministère et par la RAMQ pour l’échographie ne conviennent pas aux radiologues, qui ont préféré cesser d’offrir des rendez-vous pour ces examens, diminuant drastiquement l’accès et donc le nombre d’examens faits. Une somme de 30 millions de dollars est puisée dans l’enveloppe des médecins spécialistes pour couvrir l’échographie, mais il semble que ce ne soit pas assez pour que les radiologistes continuent à en faire en cabinet.

Il faut rappeler que les radiologues sont les seuls médecins qui peuvent à la fois travailler au public et au privé pour des soins médicalement requis : dans leurs cliniques, les radiographies simples sont couvertes par la RAMQ alors que les tomodensitométries [scans] et IRM sont payées directement par le patient (tous ces examens sont couverts s’ils sont réalisés en établissement.) L’examen “privé” qui était fait le plus souvent dans les cabinets était l’échographie, dont le coût facturé au patient variait entre 90 et 250$.

Il est aussi intéressant de noter que seules les échographies faites par les radiologistes seront couvertes par la RAMQ, alors que plusieurs autres médecins font cet examen en cabinet (particulièrement les obstétriciens et les physiatres, mais aussi de plus en plus de médecins de famille). Il est certain qu’une partie de la réaction est liée à la façon dont le ministère a procédé pour imposer sa décision, mais il est certain que la couverture des échographies à tarif fixe attaquera probablement la marge de profit de cliniques privées des radiologistes et aura un impact sur celles-ci.

Prestation privée
L’incertitude quant à l’offre de services par les cabinets qui facturaient auparavant des frais accessoires et par les radiologistes pour l’échographie démontre bien le risque de la prestation privée des soins, c’est-à-dire de la gestion des cliniques et de l’offre de service par des administrateurs (souvent médecins) sans droit de regard du système public. L’organisation du système et son bon fonctionnement demandent une concertation entre ce qui se fait en établissement et en cabinets. Laisser la gestion de ceux-ci à des gens qui peuvent en tirer directement des profits (actionnaires ou médecins propriétaires) fait perdre de vue la raison même du système et des citoyens: prendre soin de patients et leur offrir les services dont ils ont besoin et auxquels ils ont droit.

 

À venir bientôt: transferts en santé, rémunération et financement à l’activité

Non classé

Le passage des professionnelles au privé nous inquiète

Isabelle Leblanc, présidente

14 juillet 2016 —  

Récemment les médias ont fait état de la création de nombreuses cliniques d’infirmières praticiennes privées, et même d’une bannière visant à regrouper des cliniques infirmières autonomes. Ces cliniques veulent répondre au besoin criant d’accessibilité à la première ligne et leurs fondateurs disent ne pas trouver leur place dans le système public.

La question de l’accès aux professionnels de la santé préoccupe MQRP depuis longtemps et selon nous, un meilleur accès aux professionnels fera partie des solutions aux problèmes de la première ligne. Il y a quelques semaines, nous avons rendu public notre rapport de réflexion intitulé Pour une collaboration publique – Portrait de l’accès aux professionnels de la santé en première ligne au Québec qui souligne la perte d’accès aux professionnels de la santé dans le régime public. De plus ou plus de nos patients doivent payer pour avoir accès à des soins pourtant nécessaires à leur santé, et on voit s’aggrandir le fossé entre ceux qui ont des assurances et ceux qui n’en n’ont pas. Souvent pour des raisons systémiques, les professionnelles vont travailler au privé alors que leur expertise est nécessaire au public.

La création des ces cliniques privées d’IPS, tout comme l’accélération du passage des médecins vers le privé et la réponse désinvolte du ministre à cet effet sont symptomatiques du désintéret du gouvernement pour assurer le bon fonctionnement d’un système public juste et équitable. La “réformite” aigue, le manque de planification, la fermeture face à des idées novatrices font partie du contexte pouvant servir à expliquer la situation. La couverture médiatique des nouvelles cliniques privées est également symptomatique d’une situation où le vocabulaire entrepreneurial envahit le discours public: on vante l’esprit d’initiative et l’entrepreneurship des créateurs de la clinique… des termes qui devraient faire réfléchir quand on parle du milieu de la santé. L’organisation des soins de santé ne devrait pas être une occasion d’affaires.

Lors de nos passages en commission parlementaire sur les lois 10 et 20, nous avions attiré l’attention sur la fragilisation du système entrainée par ces modifications. Il est malheureuse de constater que nous voyons cette fragilité s’installer à une vitesse plus grande que nous aurions pu imaginer.

L’organisation actuelle des soins professionnels en première ligne, avec les nombreux trous de services existants et les conditions de travail difficiles, a essentiellement favorisé le développement du secteur privé. Les données probantes démontrent pourtant qu’une prise en charge précoce, par le bon professionnel, diminue la chronicisation et les complications des problèmes de santé qui relèvent des professionnels autres que médecins, en plus de diminuer le fardeau économique relié au recours à l’urgence et aux consultations médicales répétées.

Il est essentiel d’inclure une offre publique de soins professionnels au sein du réseau de première ligne afin d’assurer un accès universel indépendamment du revenu. Pour MQRP, l’ensemble des services professionnels en santé, lorsque médicalement nécessaires, devraient être couverts par le régime d’assurance-maladie.

Imagerie

Couverture des échographies en clinique: bonne nouvelle, mais…

Isabelle Leblanc, présidente

12 juillet 2016 — Récemment, le ministre Barrette a annoncé par communiqué que les échographies faites en clinique de radiologie seraient remboursées par la RAMQ dès novembre et seront donc retirées de la liste des services non assurés par la RAMQ.

Y-a-t-il matière à réjouissance? Oui… et non, si d’autres mesures ne sont pas mises en place.

Il est évident que cette mesure améliore l’accessibilité à court terme aux soins de santé pour nos patients.  Ceux-ci font généralement face à de longues listes d’attente pour les échographies en milieu hospitalier et ceux qui le peuvent doivent souvent se résoudre à payer des centaines de dollars pour obtenir le test au privé.  Pour les patients, le fait que l’échographie soit couverte par la RAMQ,tant en établissement qu’en clinique de radiologie, est une bonne nouvelle qui entraîne un meilleur accès, la réduction de l’iniquité entre patients et l’augmentation du nombre d’examens faits en temps opportun.

Malheureusement, cette couverture, si elle ne s’accompagne pas d’autres mesures,  ouvre la porte à des effets pervers négatifs à plus long terme.  La décision ministérielle de rembourser les échographies faites au privé sans augmenter d’abord  l’offre en établissement demeure contestable. N’aurait-il pas été plus logique de rapatrier les tests d’imagerie dans les établissements publics et de lever l’exception dans la loi permettant à ceux-ci d’être facturés au privé même lorsque médicalement nécessaires?

L’Association des radiologistes du Québec (ARQ) et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) ont tous deux mentionné qu’il y a des façons d’accroître l’offre au public; plusieurs stratégies pour ce faire peuvent être envisagées (heures étendues d’ouverture, listes d’attente centralisées, etc.). Rappelons que MQRP a fait de l’accès à l’imagerie un de ses chevaux de batailles. En effet, notre rapport annuel de 2012 a bien démontré que le Québec est la province où il y a le plus d’appareils d’imagerie médicale sous-utilisés, mais où l’accès est le plus difficile et inéquitable à cause des frais exigés en clinique de radiologie privée.

D’autres tests d’imagerie demeurent facturables au privé – les tomographies, les IRM – et sont pourtant nécessaires à de nombreux soins. Ces tests devraient être eux aussi couverts par le public lorsque médicalement nécessaires, mais sont étrangement absents du discours ministériel qui semble ne se concentrer que sur l’échographie pratiquée par des radiologistes, alors que de plus en plus d’autres médecins utilisent cette technologie.

Rappelons que les radiologistes sont les seuls médecins qui ont l’autorisation d’exercer à la fois au public et au privé. Le nombre de patients pouvant payer les échographies au privé étant restreint, le radiologiste a intérêt à être disponible à l’hôpital également, mais avec la couverture des tests faits au privé, cet incitatif pourrait disparaître. On voit déjà qu’un grand nombre  des radiographies simples sont faites en clinique et non en hôpital. Avec la couverture de l’échographie hors hôpital sans amélioration de la disponibilité en établissement, assisterons-nous à un exode vers une pratique uniquement en cliniques privées pour les radiologistes? Nous croyons qu’une éventuelle diminution de la présence des radiologistes à l’hôpital serait néfaste pour la qualité des soins qui y sont dispensés.  Ainsi, couvrir les examens dans les cliniques privées nous paraît risqué si des mesures ne sont pas prises pour prioriser et améliorer l’offre en établissement.

Le système de santé prend une direction préoccupante depuis quelques années : de moins de moins de services offerts en établissements publics (on n’a qu’à penser aux pertes de services en CLSC et aux fermetures de cliniques ambulatoires en hôpital) et de plus en plus de services offerts dans des cliniques privées. Nous craignons que si cette nouvelle tant attendue de la couverture des échographies en clinique privée n’est pas assortie d’une amélioration de l’offre publique, on verra à long terme un affaiblissement de nos établissements publics, la perte du contrôle de l’organisation des soins et une hausse des coûts pour le système public.

Rémunération des médecins

Contre le deux poids-deux mesures : pourquoi nous dénonçons la hausse de nos salaires

Le conseil d'administration de MQRP

11 décembre 2015 — En ces temps de négociations entre un secteur public au bord de l’asphyxie et un gouvernement d’une mauvaise foi consternante, nous ne pouvons demeurer silencieux.

Nous, médecins omnipraticiens et spécialistes, nous insurgeons contre la politique injuste et aberrante du “deux poids deux mesures” appliquée par le gouvernement en matière d’octroi des budgets publics.

Le contraste est frappant. D’un côté, le gouvernement provincial coupe de toute part, négocie “serré” pour diminuer autant que possible le salaire des travailleurs du système public et écorche les budgets des institutions qui sont à la base de notre société : les écoles, les CPE, les établissements de santé. D’autre part, tel que souligné dans tous les médias actuellement, la rémunération des médecins croît de façon exponentielle. (suite…)

Public vs privé

Pourquoi se priverait-on du privé ?

Sabrina Provost, conseillère

30 septembre 2015 — Dans un article intitulé “Changer le système par la base” paru dans le journal le Pouls en août 2015 (http://goo.gl/307bih), le Dr Marc Lacroix s’interroge : « Pourquoi on se priverait de faire affaire avec le privé? ».

Il semble que le Dr Lacroix détient déjà la réponse à sa question, étant reconnu pour son réseau de cliniques médicales privées à Québec. Toutefois, je m’aventurerai dans cet article à lui exposer mon point de vue.

La tentation

Lorsqu’on devient médecin, on est rapidement confronté à la réalité du système; le temps qui manque, les ressources limitées, les embûches bureaucratiques pour changer les choses … (suite…)