Le blogue de MQRP

Non classé

Fil d’actualité – La télédermatologie

Le conseil d'administration de MQRP

27 November 2018Le 18 octobre dernier, on retrouvait dans La Presse un article sur un nouveau service de télédermatologie, DermaGo. Sur cette plateforme, il est possible de consulter un dermatologue au privé pour le coût de 180$ au moyen d’une application téléphonique. Quelques photos envoyées et, en 72 heures, il est possible d’avoir une discussion avec un dermatologue et de parler de traitement.

MQRP souhaite remettre en question la pratique montante au Québec de la télémédecine prodiguée au privé. La télémédecine est une innovation majeure qui permet de réduire les problèmes d’accessibilité pour des patients vivant en région éloignée ou souffrant de problèmes de mobilité, et son potentiel est incontestable. Or, dans le cadre d’une entente conclue entre le ministre de la Santé et des Services sociaux et la Fédération des Médecins Spécialistes du Québec (FMSQ) datant d’octobre 2012, les services de télémédecine demandés directement à un médecin spécialiste par un patient sont exclus de la rémunération par la RAMQ. Utilisant cette clause, les dermatologues s’engageant dans DermaGo peuvent donc continuer à pratiquer au sein du régime public tout en étant rémunérés au privé pour participer à ce service. Cette pratique respecte l’interdiction de mixité de pratique pour les médecins, puisque que la télémédecine n’est pas couverte par la RAMQ, mais soulève bien des questions sur l’accès aux soins.

Dans un contexte où l’accès à un dermatologue pour un problème médical est très difficile, avec des articles de journaux attestant des délais d’attente allant jusqu’à 4 ans, MQRP estime que le gouvernement devrait prendre une approche proactive pour forcer les dermatologues à prodiguer plus de soins nécessaires au public. Rappelons-nous que les dermatologues peuvent effectuer des soins esthétiques tout en participant à la RAMQ. De plus, la dermatologie offre la possibilité de faire un revenu confortable sans surcharger son horaire (l’effet revenu décrit par Bernard Fortin et al.), ce qui contribue à réduire le nombre de patients vus par un dermatologue.

Bien que nous félicitons l’augmentation du nombres de résidents en formation en dermatologie au Québec, sans une modification des modalités de pratique de la dermatologie présentement en place, nous estimons que la situation continuera de rester précaire pour les patients. La pénurie de dermatologues dans le milieu hospitalier nuit aussi à la qualité d’enseignement, puisqu’ils sont peu nombreux et surchargés et ne peuvent donc pas consacrer suffisamment de temps pour former leurs collègues du futur. De plus, MQRP croit que la RAMQ doit chercher activement à mettre tous les soins prodigués par télémédecine sous le contrôle de sa tarification afin de favoriser le développement de cette technologie au service du public, plutôt que de laisser des failles exploitables par des entreprises privées.

Non classé

Fil d’actualité -campagne électorale – Semaine du 17 septembre

Le conseil d'administration de MQRP

21 September 2018Fil d’actualité campagne électorale

 

Pour les 5 semaines de la campagne, le comité élection de MQRP vous propose à chaque semaine une sélection de quelques articles qui ont retenu notre attention. Bonne lecture !

 

——————————— Semaine du 17 septembre ——————————–

 

Les ravages de la réforme Barrette en région, Denis Bourque et René Lachapelle, Le Devoir, 18 septembre

Article intéressant qui nous explique comment la centralisation de la réforme de Barrette sous le Parti Libéral du Québec est au désavantage des régions.

« Il est impératif que les CISSS et les CIUSSS soient repensés de façon à assurer un ancrage local du réseau public de services sociaux et de santé. Leur contribution au développement local doit être rétablie, car ils font partie de l’économie publique caractéristique du Québec. »

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/536992/les-ravages-de-la-reforme-barrette-en-region

 

Médecins Inc., les impôts et la politique, Francis Vailles, La Presse, mars 2016,

Article datant de 2016 mais très pertinent dans le contexte de la campagne actuelle. Il nous montre à quel point la problématique de l’incorporation de médecins est toujours présente. À noter, la CAQ a fait un changement de décision assez majeur depuis: dans cet article de 2016, François Legault  « demande carrément l’abolition de l’incorporation», alors que dans sa plateforme actuelle, il veut « resserrer les règles de l’incorporation ». Qu’est-ce qui lui a fait changé d’avis?

http://plus.lapresse.ca/screens/dd7b844f-8a26-405c-b08a-9621ecc52fed__7C___0.html

 

Promesses électorales en santé: savoir penser à la prochaine génération, Daye Diallo, Le Devoir, 21 septembre,

«Alors, il faut ajouter à la nécessaire solidarité sociale de l’assurance maladie une solidarité intergénérationnelle dans son financement. Le politicien qui saura imaginer un financement de l’assurance maladie qui saura mieux répartir la charge du système entre les générations sera celui qui se préoccupe réellement des prochaines générations et non seulement de la prochaine élection» https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/537344/promesses-electorales-en-sante-savoir-penser-a-la-prochaine-generation

 

La priorité des priorités: un Québec en santé! , Marie-Hélène Allarie, Le Devoir, 15 septembre

L’alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux commente les répercussions désastreuses sur ses membres de la dernière réforme en santé de Mr. Barrette, et suggère des pistes de réflexion aux candidats actuels.

«Pour l’APTS, la santé du personnel est elle aussi assez inquiétante. Dans un sondage réalisé auprès de ses membres, six personnes sur dix se sont dites en détresse. »

https://www.ledevoir.com/societe/536597/la-priorite-des-priorites-un-quebec-en-sante

 

Santé: au centre de l’attention des partis, Caroline Touzin, La Presse, 13 septembre

Article de la semaine passée mais toujours d’actualité cette semaine; c’est un résumé simple et clair des promesses phares des différents partis sur le sujet de la santé.

http://mi.lapresse.ca/screens/2022ea2f-1bd7-45e7-9661-f5071a618e81__7C___0.html

Non classé

Fil d’actualité -campagne électorale – Semaine du 10 septembre

Le conseil d'administration de MQRP

16 September 2018Fil d’actualité campagne électorale

 

Pour les 5 semaines de la campagne, le comité élection de MQRP vous propose à chaque semaine une sélection de quelques articles qui ont retenu notre attention. Bonne lecture !

 

————————————– Semaine du 10 septembre ————————————————————————

 

Débats des chefs, Philippe Couillard sur la défensive pour son bilan en santé, L’actualité, 13 septembre 2018

 

https://lactualite.com/actualites/2018/09/13/debat-des-chefs-philippe-couillard-sur-la-defensive-pour-son-bilan-en-sante/

 

… Justement, en parlant du débat des chefs, si vous ne l’aviez pas encore écouté, voici le  lien pour le vidéo intégral – le thème de la santé ayant été abordé en premier.

 

https://www.ledevoir.com/videos/536589/le-grand-debat-des-chefs-2018

 

Le système de santé a évolué, oui. Mais dans quel sens? Le Devoir, 13 septembre 2018

Texte inspirant de libre opinion par Mr. Roy, professeur titulaire à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. Déjà diffusé sur notre page facebook, le texte mérite d’être partagé une deuxième fois. Il nous parle de l’évolution des valeurs soutenant le système de santé québécois depuis les années 1970. Malheureusement, de plus en plus de privatisation!

« Madame Bourdon a raison, le système de santé a évolué… mais dans le sens unique que lui ont insufflé les puissantes corporations médicales. À peine les CLSC furent-ils fondés au début des années 1970 que la FMOQ se mit à faire de la résistance contre ceux-ci. »

 

https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/536640/le-systeme-de-sante-a-evolue-oui-mais-dans-quel-sens,

 

Québec solidaire détaille son plan pour une assurance dentaire universelle, Radio-Canada, 8 septembre  2018

Voilà quelques détails de plus sur ce fameux programme d’assurance dentaire universelle de Québec Solidaire qui a fait tant parlé, ainsi que les engagements du PLQ en ce sens.

« Alors que bon nombre de Québécois n’ont tout simplement pas les moyens de veiller à leur santé buccodentaire, certains en viennent à requérir des hospitalisations d’urgence pour des abcès et de graves caries, a fait valoir Mme Massé. »

 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1122644/sante-dentiste-soins-cliniques-caries-hopitaux-manon-masse

 

Cadre financier: le PQ s’attaque au salaire des médecins, La Presse, 13 septembre 2018

« Le Parti québécois compte sur les médecins pour réinjecter 4 milliards de dollars en services dans un éventuel premier mandat. Pour ce faire, Jean-François Lisée promet de geler dès octobre les hausses de rémunération qui leur a été consentie s’il forme le prochain gouvernement »

 

http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2018/201809/13/01-5196407-cadre-financier-le-pq-sattaque-au-salaire-des-medecins.php

 

 

 

Non classé

Une autre brèche dans le système public: La protonthérapie

Le conseil d'administration de MQRP

9 September 2018 — On apprenait dans La Presse le 23 août dernier que la première clinique canadienne de protonthérapie allait ouvrir ses portes à Montréal d’ici 2020[1].

Cette nouvelle technologie basée sur l’émission de protons principalement utilisée en oncologie pédiatrique est plus précise, mais plus coûteuse que la radiothérapie dite “conventionnelle”, qui est basée sur l’émission de photons. Elle est réservée à un nombre restreint de patients qui devaient jusqu’alors se déplacer aux États-Unis pour bénéficier de ces traitements dont le coût est souvent supérieur à 250 000$ par patient, payés par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Il est à noter que l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) ne mentionnait que quatre indications reconnues à la protonthérapie dans son rapport de mai 2017 basé sur les plus récentes données probantes, soit le cancer de l’oeil, les cancers pédiatriques, les cancers du systèmes nerveux central et les cancers de la base du crâne et du rachis[2]. Toujours selon l’INESSS, la recherche à venir laisse toutefois présager un élargissement des indications cliniques d’ici environ trois ans.

Dans les faits, de 2010 à 2017, 76 patients québécois ont pu obtenir ce traitement pour la somme de plus de 15 millions $. Le nombre de patients ayant triplé en 6 ans et le coût moyen d’un traitement étant passé de 167 682 $ en 2010 à 350 613 $ en 2015, nous aurions pu nous réjouir de l’ouverture d’une clinique québécoise de protonthérapie. Et pourtant non. Pourquoi?

Le projet de clinique de protonthérapie a été confié à une clinique privée par le gouvernement suite à un processus d’évaluation qui demeure pour le moins nébuleux et peu transparent, situation qu’il nous apparaît important de dénoncer. En effet, c’est le Groupe CDL qui se chargera de la construction du nouveau centre au coût de 70 millions $ et qui financera le projet avec l’aide de deux investisseurs européens non nommés.

L’on apprend maintenant qu’un groupe de médecins experts du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) planchait sur ce projet depuis une dizaine années déjà[3]. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, argumente qu’un centre de protonthérapie ne pourrait être “rentable” dans un hôpital public en raison d’un volume de cas trop bas. Il a donc été décidé de “laisser” le Groupe CDL prendre les risques financiers associés à l’ouverture de cette clinique pour que Québec ne paie ensuite à l’entreprise privée que pour les coûts des traitements des 15 à 20 patients estimés par année. Le Groupe CDL mentionne quant à lui qu’il sera rentable en ouvrant ses portes à des patients d’ailleurs au Canada et du nord-est des États-Unis.

Ce qui n’est pas mentionné par le Dr Barrette, c’est qu’envoyer les patients québécois au privé pourrait coûter de 10 à 25 millions de plus par année qu’un projet au sein du système public selon l’équipe de radio-oncologues du CUSM[4]. Bien évidemment, une entreprise privée qui “prend un risque financier” n’offrira pas de rabais au gouvernement du Québec si elle veut rentabiliser son investissement. Ces sommes supplémentaires, engendrées par les profits que tirera le Groupe CDL, devront être payées à long terme par Québec puisque la durée de l’entente avec le Groupe CDL n’a pas été rendue publique. Dr Tarek Hijal, directeur par intérim de la division de radio-oncologie au CUSM, souligne également que “dans son rapport de 2017, l’INESSS conclut qu’en se basant sur le nombre de patients traités dans d’autres pays, le nombre de patients québécois pourrait être de 119 par année ou plus”. Nous sommes bien loin des 15 à 20 patients par année estimés par le Ministère de la santé pour justifier le privé.

Le plus troublant est d’apprendre que le projet public de l’équipe du CUSM aurait pu être payés par le Fonds canadien pour l’innovation et les fondations du CUSM. Leur budget prévoit des frais de 40 à 50 millions $ pour la salle de protonthérapie comparativement au 70 millions prévu par le Groupe CDL. La proposition du CUSM faite au Ministère il y a quelque mois a été refusée sans explication la veille de l’annonce de l’entente avec le privé.

Cette dérive au privée met également à risque la santé des jeunes enfants qui devront être anesthésiés pour subir ces traitements. « Imaginez une complication grave chez un enfant anesthésié, loin du soutien médical d’un établissement de soins pédiatrique. » mentionne Jan Seuntjens, professeur et directeur de physique médicale à l’université McGill. Il serait également plus rassurant pour les enfants et leur famille d’être dans un centre hospitalier familier avec des membres de l’équipe médicale connus. À noter qu’un tel centre privé de protonthérapie nécessite la présence de médecins radio-oncologues, de physiciens médicaux, d’anesthésistes, d’infirmières et de technologues, ressources humaines dont sera privé le système de santé public.

Il est inacceptable de confier ce soin de santé au privé alors que tout indique que les coûts y seront plus élevés. Il est également inadmissible d’avoir balayé du revers de la main la proposition compétitive et publique du CUSM sans aucune explication. Cette brèche inacceptable dans notre système public doit être refermée dès maintenant; si l’on considère que la protonthérapie est un soin médicalement requis, alors le développement, la gestion et l’administration de la protonthérapie devraient être publics.

 

 

[1]Perreault, Mathieu. Une clinique privée offrira des soins de protonthérapie payés par la RAMQ. [document électronique]. La Presse, 23 aout 2018, http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201808/23/01-5193958-une-clinique-privee-offrira-des-soins-de-protontherapie-payes-par-la-ramq.php

[2]COLLECTIF. Mise à jour des indications de la protonthérapie en oncologie. [document électronique]. INESSS, 15 mai 2017, https://www.inesss.qc.ca/nc/en/publications/publications/publication/mise-a-jour-des-indications-de-la-protontherapie-en-oncologie.html

[3]Perreault, Mathieu. Protonthérapie: Québec a choisi le privé, déplorent des médecins. [document électronique]. La Presse, 4 septembre 2018,   http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201809/04/01-5195107-protontherapie-quebec-a-choisi-le-prive-deplorent-des-medecins.php

[4]Ibid.

Non classé

Fil d’actualité -campagne électorale – Semaine du 3 septembre

Le conseil d'administration de MQRP

9 September 2018 — Pour les 5 semaines de la campagne, le comité élection de MQRP vous propose à chaque semaine une sélection de quelques articles qui ont retenu notre attention. Bonne lecture !

———————-SEMAINE DU 3 septembre ——————————-

Rétablir un climat plus sain en santé, Le Devoir, 6 septembre
«Au-delà de l’énormité des changements imputables à la Loi modifiant la gouvernance du réseau de santé en abolissant les agences régionales, les conséquences humaines directes de la réforme ont été, selon moi — à titre d’ancien directeur des services professionnels d’un grand CHSLD de Montréal —, négligées et sous-évaluées, ce qui est franchement déplorable»

  • https://www.ledevoir.com/opinion/idees/536066/retablir-un-climat-plus-sain-en-sante

 

Que promettent les partis en santé?, Le Devoir, 1er septembre
« Mais dans l’ensemble, tous ignorent plus ou moins la crise des infirmières et des ressources humaines en général.»

  • https://www.ledevoir.com/societe/sante/535821/promesses-electorales-en-sante

 

Texte d’une infirmière engagée qui dénonce leur situation et exige que les partis s’engagent sur la crise du système de santé: Cesser de sanctionner les travailleurs de la santé, La Presse, 30 août

«Pourquoi les professionnelles de la santé sont-elles redevables de la sécurité de leurs patients alors que les institutions peuvent imposer toutes les conditions dangereuses qu’elles veulent sans conséquence ? Qui plus est, les institutions ont le droit de discipliner une infirmière (ou autre professionnel de la santé) qui exprime une opinion professionnelle sur la qualité des soins qu’il lui est possible de prodiguer. On n’exigerait jamais d’un architecte ou d’un ingénieur qu’ils se mettent à travailler avec des pailles de plastique plutôt que du béton armé pour construire un pont

  • http://plus.lapresse.ca/screens/52697c57-b892-4a7b-b308-eb4dfa8f46ad__7C___0.html

 

Suite au débat organisé par la FIQ avec les 4 potentielles futures ministres de la santé: Un meilleur sort pour les infirmières, Le Devoir, 6 septembre
«Les quatre candidates se sont aussi engagées à donner suite aux projets « ratios » négociés par la FIQ au coeur de la crise des infirmières cet hiver. Ces projets-pilotes, qui sont en cours, permettront d’évaluer l’effet de différents ratios infirmier/patients dans des milieux de soins différents, comme des CHSLD ou des départements de chirurgie

  • https://www.ledevoir.com/politique/quebec/536054/sante-les-aspirantes-ministres-croisent-le-fer

 

Pour revenir sur l’utopie des Maisons des Ainés de la CAQ, quelques critiques

  • https://www.ledevoir.com/opinion/idees/535429/la-maison-des-aines-l-utopie-caquiste

Le système de santé est de plus en plus médicalocentriste, ce qu’il faut changer !  Voici deux articles sur l’élargissement du panier de service, notamment en physiothérapie et psychothérapie.

  • http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2018/201808/26/01-5194278-des-soins-dentaires-gratuits-aux-ados-et-aines-demunis-promet-le-plq.php
  • https://www.tvanouvelles.ca/2018/08/27/des-patients-souffrant-darthrite-laisses-pour-compte

Elections

Tableau comparatif des plateformes électorales en santé des quatre principaux partis

Le conseil d'administration de MQRP

5 September 2018 —  

 

Élections Québec 2018

Le comité élection de MQRP vous a préparé un tableau récapitulatif des promesses électorales en santé.  Cliquez sur ce lien  pour y accéder.  Nous le mettrons à jour selon les annonces durant la campagne.

 

frais accessoires, Non classé

Frais accessoires : retour vers le futur !

Le conseil d'administration de MQRP

4 September 2018 — Il n’est pas  à démontrer que les frais imposés aux patients pour des soins sont une grande barrière à l’accès et que cela contrevient aux principes de gratuité et d’universalité de notre système.

On espérait enfin que ce soit chose du passé, mais le dossier des frais accessoires est malheureusement toujours d’actualité. Sans consulter ses membres, la FMOQ faisait part en juillet de son intention d’aller devant les tribunaux afin de clarifier le droit des médecins  à facturer certains frais accessoires. La FMOQ estime qu’il y a divergence dans l’interprétation de la loi sur l’assurance maladie en ce qui a trait aux services assurés. En effet, elle estime qu’un médecin devrait avoir le droit de facturer des frais aux patients qui ont besoin, entre autres, d’une attestation d’absence/de visite médicale pour l’employeur ou l’école dans le cadre d’une visite courante, pour des copies/transmission de dossiers ou pour remplir un formulaire de médicament d’exception.

Quelle est l’origine du problème? Suite à l’abolition officielle des frais accessoires  le 26 janvier 2017, le MSSS a produit un tableau initial présentant les principaux éléments touchés par la mise en application du Règlement sur l’abolition des frais accessoire incluant l’interdiction de facturer de nombreux frais, incluant les billets d’absences.  Des versions subséquentes du tableau furent produite et il est malheureux de constater que celles-ci  présentaient beaucoup moins d’actes administratifs  dans la colonne intitulée  «Ce qui ne peut plus être facturé aux patients depuis l’abolition des frais accessoires»[1].  C’est sur cette version que s’est appuyée la FMOQ  pour établir sa grille tarifaire, mais un flou persiste: les services concernés par la contestation se retrouvaient initialement tous dans la colonne de «ce qui ne peut plus être facturé» et ne sont maintenant plus mentionnés du tout  dans le tableau.  La RAMQ considère que ce sont des soins médicalement nécessaires et qui ne peuvent donc être facturés comme un frais accessoire[2]. Dans la majorité des cas, ces services font partie du plan de traitement, et sont donc requis au point de vue médical.  Si un `médicament d’exception est requis par le patient, ne fait-il pas partie de la tâche du médecin de s’assurer que le patient y ait accès en remplissant les formulaires nécessaires?

MQRP dénonce ces démarches juridiques, qui en plus d’être onéreuses, ont été initiées par la FMOQ sans avoir consulté ses membres. Nous trouvons désolant qu’encore une fois, les patients paient le prix de cette guerre de pouvoir dont l’objet consiste en une portion très marginale du revenu des médecins, comme on peut le constater sur la grille des tarifs tels que suggérés par la FMOQ[3]. Nous trouvons désespérant de voir la FMOQ se battre pour avoir le droit de réclamer un 25$ directement au patient ici et là, alors que le niveau de notre rémunération globale est sérieusement questionné dans un contexte où tout le système de santé souffre grandement des coupures des dernières années.  MQRP aimerait voir la FMOQ prendre parti pour la qualité des soins et l’accessibilité universelle plutôt que de lutter pour imposer des barrières tarifaires  à des soins médicalement requis.

 



[1]  Tableau du 27 janvier 2017 :   http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/documents/frais-accessoires/orientations_frais-accessoires_27-01-2017_15h30.pdf et tableau du 11 janvier 2017 http://www.msss.gouv.qc.ca/inc/documents/ministere/salle-de-presse/frais-accessoires_fiche-technique-tableau.pdf

[2]https://www.ledevoir.com/societe/sante/531250/frais-accessoires-bras-de-fer-entre-les-medecins-omnipraticiens-et-la-ramq

[3]http://fmoq.s3.amazonaws.com/pratique/facturation/frais-accessoires/Grille-tarifaire-FMOQ-0818_FR.pdf

Non classé

Fil d’actualité – campagne électorale 2018 – semaine du 27 aout

Le conseil d'administration de MQRP

1 September 2018Pour les 5 semaines de la campagne, le comité élection de MQRP vous propose à chaque semaine une sélection de quelques articles qui ont retenu notre attention. Bonne lecture !

 

Le bilan des 4 dernières années en santé, Dr Vadeboncoeur, l’Actualité

Voici une petite citation de Dr Vadeboncoeur sur les compression budgétaires du gouvernement Couillard, qui donne le ton de son article: ‘’Pour ce qui est des dépenses publiques en santé, on peut parler de compression de la croissance des coûts, alors qu’on avait plutôt promis de maintenir le financement à 4% par année au départ. Le gouvernement a utilisé le terme « assainir », qui est d’usage douteux, ces choix entraînant leur lot d’effets pervers sur la prestation de soins. Même si ces compressions de 1.3 milliard de dollars étaient planifiées «sans affecter les services», il y a fort à parier que bien des services ont été affectés, comme plusieurs groupes le rapportent’’

https://lactualite.com/sante-et-science/2018/08/17/sante-quel-bilan-pour-le-gouvernement-couillard/

 

Justement, en parlant des impacts de la réforme… l’essoufflement des salarié(e)s, Radio-Canada

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1119140/sondage-sante-essoufflement-salaries-travailleurs

 

3 erreurs à ne pas répéter pour sauver le système de santé – CSN, Le Soleil

https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/trois-erreurs-a-ne-pas-repeter-pour-sauver-le-systeme-de-sante-305c49ff0091ff9146f07ae305c7e6a3?utm_campaign=lesoleil&utm_medium=article_share&utm_source=email

 

Et notre vigie sur le PRIVÉ qui ne chômera pas si les promesses des partis sont respectées !

Avant la controverse sur son magasinage de partis politiques, Mme Bourdon avait la réputation de faire “bonne presse”. Mais, comme le révèle cet article, c’est une PDG qui flirte avec les intérêts privés, ce qui n’est pas de bonne augure pour notre système de santé public.

-https://www.journaldemontreal.com/2018/08/21/gertrude-bourdon–la-ministre-du-prive-en-sante

La CAQ promet de développer des “maisons des aînés’’, qui seront de nouvelles infrastructures plus adaptées à la clientèle et qui remplaceraient les CHSLD actuels. L’objectif est louable, mais avant de penser à une nouvelle architecture et aux espaces verdoyants, la priorité est d’abord de régler la crise sans précédent de pénurie de personnel qui nuit énormément aux soins dans les CHSLD actuels. De plus, le diable étant dans les détails, la CAQ envisage de confier le contrat à des entreprises privées, alors que l’expérience des CHSLD construits en PPP au Québec est loin d’être reluisante au niveau des services aux résidents, en plus d’avoir été un boulet économique pour les dépenses publiques.

http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2018/201808/25/01-5194240-les-maisons-des-aines-de-la-caq-pourraient-etre-confiees-au-prive.php

Non classé

Pas de panier percé en santé !

Le conseil d'administration de MQRP

31 July 2018 — Le panier de services en soins de santé offert par le régime public a beaucoup rétréci depuis les débuts de la carte soleil. Or, il est encore une fois menacé de se rétrécir davantage avec la situation actuelle des négociations entre le ministre Barrette et l’Association des chirurgiens-dentistes du Québec (ACDQ). Près de 620 000 enfants et prestataires d’aide sociale pourraient être privés de soins dentaires d’ici un mois.[1]

L’historique des services dentaires au Québec est probablement un des exemples les plus éloquents de la lente déconstruction du régime d’assurance-maladie. Rappelons que seulement huit ans après avoir intégré les soins dentaires à tous les enfants en 1974, le gouvernement québécois décide de retirer cette couverture aux enfants de 13 à 15 ans. À peine dix ans plus tard, en 1992, il décide de la restreindre encore davantage en excluant cette fois les enfants âgés de 10 à 13 ans. Actuellement seuls les enfants de moins de 10 ans ainsi que les prestataires du programme d’aide sociale sont assurés par la RAMQ, et cette assurance n’est que partielle.  Les traitements curatifs de base et les procédures diagnostiques sont couverts, mais aucun service dentaire préventif comme le nettoyage ou le détartrage n’est inclus. Pour ce qui est du reste de la population, plusieurs ont recours à une assurance dentaire privée ou contractée par un tiers (liée à l’emploi), mais les autres doivent payer de leur poche.[2]

MQRP réitère ses recommandations quant à la bonification des services assurés. Nous supportons les demandes de l’ACDQ à l’effet que « le régime public devrait être amélioré » [3], et donc que davantage de services dentaires soient inclus dans l’entente, plus particulièrement des services de préventions. Si nous croyons fermement qu’il faut élargir la couverture publique aux soins dentaires, MQRP milite aussi pour que les autres professionnels de la santé (physiothérapeutes, ergothérapeutes, psychologues, orthophonistes, nutritionnistes, service social) soient priorisés pour l’amélioration du régime public de santé.

[1] http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201807/26/01-5190877-les-dentistes-se-retirent-du-regime-de-soins-dentaires.php

[2] https://mqrp.qc.ca/?publication=pour-une-collaboration-publique

[3] https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/gravel-le-matin/segments/entrevue/80978/dentiste-chirurgien-serge-langlois-regime-public

FAA, Public vs privé

LES HÔPITAUX DU QUÉBEC N’ONT PAS BESOIN DE PLUS D’ENTREPRENEURIAT

Le conseil d'administration de MQRP

18 July 2018Texte du CA de MQRP(avec Dre Karyne Pelletier comme auteure principale) publié  dans La Presse en réplique à la publication de de Patrick Dery de l’IEDM qui suggérait le recours au privé pour améliorer la situation des urgences du Québec.

Le 12 juillet dernier l’IEDM publiait une note économique, relayée par La Presse, visant à démontrer qu’il était grand temps que la gestion des hôpitaux soit confiée à des intérêts privés afin d’améliorer la situation des urgences dans les hôpitaux du Québec. M. Déry, auteur de la note, propose même un projet-pilote, où la gestion de certains hôpitaux seraient confiée à des entreprises privées à but lucratif, et annonce sans nuance que « leur capacité d’innovation, leur souplesse et leur réactivité » garantiraient des solutions au problème des débordements à l’urgence. Sans nier qu’il existe de réels problèmes dans les urgences québécoises, nous sommes d’avis que le recours à la gestion privée n’est pas la panacée promise par M. Déry, bien au contraire.

M. Déry cite l’exemple d’un hôpital privé en Suède – le seul du pays – où les résultats sont « spectaculaires », c’est-à-dire que le taux d’attente à l’urgence y est le plus bas au pays. Faut-il s’étonner de ces résultats ? Il est bien évidemment probable que dans le seul hôpital privé du pays, où seule la population la mieux nantie a accès aux soins, l’achalandage soit moindre et par le fait même le temps d’attente. Rien n’indique par ailleurs que la qualité des soins y soit meilleure, mais l’accessibilité des soins elle, est certainement réduite. Et surtout, rien dans ces résultats ne permet d’affirmer que c’est la privatisation de la gestion qui fait la différence ! Qui plus est, les infirmières.ers, préposées.és et les médecins n’ayant pas encore le don d’ubiquité, employer des professionnels.elles dans tout nouvel hôpital « privé » prive directement le réseau public de ces mêmes professionnels.elles… contribuant encore davantage à la « moins bonne performance » du réseau public. Est-ce vraiment de ce système à deux vitesses dont le Québec a besoin ? Poser la question c’est y répondre.

 

Est-ce que le privé offre réellement de meilleurs soins ?

L’IRIS publiait récemment une note[1] à ce sujet, expliquant comment le financement privé en santé « exerce une pression inflationniste sur les prix et nuit à la qualité et à l’accessibilité des soins ». Un article[2] publié dans The Lancet en 2016 offre également un éclairage intéressant sur cette question. Cette analyse longitudinale, basée sur des données de l’OMS provenant de 75 pays, s’est intéressée à l’impact de la récente crise économique mondiale sur la mortalité associée aux cancers les plus courants (sein, prostate, colorectal, poumon et pancréas). Ces données démontraient qu’une hausse du taux de chômage dans la population était associée à une augmentation de la mortalité sauf dans les pays qui bénéficiaient d’un régime public de soins de santé. Les auteurs de l’étude concluent qu’il y aurait eu en fait 40 000 « morts de trop », c’est-à-dire des gens qui avaient un cancer curable qui n’a pas été soigné. En somme, dans un contexte de crise économique, les coûts associés à un régime privé de santé devenaient trop importants et les gens ne pouvaient tout simplement plus se les payer, faisant en sorte que plusieurs personnes sont décédées pendant cette période d’une maladie possiblement curable, faute d’avoir accès aux soins.

Bien sûr, ces données ne concernent pas directement les performances des salles d’urgence, mais elles illustrent de façon flagrante que le discours voulant que le privé soit la solution miracle pour l’amélioration des soins est tout simplement fausse. Qui plus est, une autre étude[3] menée cette fois par des chercheurs de Toronto, démontre également clairement que les listes d’attente augmentent lorsqu’on implante un système privé parallèle pour un soin de santé. Ces résultats s’expliquaient par trois facteurs principaux : 1) le système privé draine des ressources provenant du système public, 2) ceux qui donnent des soins au privé ont intérêt à garder de longues listes d’attente au public pour s’assurer une clientèle et 3) le privé augmente de façon globale les coûts de santé, que ce soit via le choix de traitements plus coûteux bien que non nécessaires, ou le recours aux hôpitaux publics pour la gestion des complications survenues lors de procédures faites au privé.

 

Quelle est la solution ?

Le problème des séjours prolongés à l’urgence est bien réel au Québec. Il est possible que dans certains cas on puisse remettre en question les mécanismes de gestion interne, mais l’attente à l’urgence est aussi le symptôme d’une problématique plus large : difficulté à hospitaliser un patient rapidement par manque de lits aux étages, difficulté à transférer le patient vers une ressource externe plus appropriée comme un CHSLD, manque de ressources dans les soins à domicile, consultations à l’urgence pour des problématiques mineures en raison de difficulté d’accès à la première ligne.

Le dernier rapport[4] du Commissaire à la santé et au bien-être en 2016 faisait ces constatations, mais proposait également de s’inspirer de 5 urgences « performantes » au Québec. Les caractéristiques communes de ces urgences sont simples : elles misent sur la collaboration entre les professionnels.elles de la santé et entre les différents départements du même hôpital, sur une collaboration étroite avec les ressources de première ligne et sur des outils visant à suivre la performance. Tout ceci sans avoir recours au privé.

Garantir le droit à la santé implique au contraire de sauvegarder et de continuer à développer le système public. Une gestion réellement publique, éloignée des principes de l’entrepreneuriat, permet d’organiser les soins en mode collaboratif plutôt que compétitif, et de planifier les soins dans un souci de qualité, d’accessibilité et de pertinence. C’est de ça dont le Québec a besoin.

 

 


[1] Hébert, G. (2018). Les effets pervers du privé en santé. Téléchargé de : https://iris-recherche.qc.ca/blogue/les-effets-pervers-du-prive-en-sante

[2] Maruthappu et al. (2016). Economic downturns, universal health coverage, and cancer mortality in high-income and middle-income countries, 1990–2010: a longitudinal analysis. The Lancet, 388 (10045), p. 684-695.

[3] Tuohy et al. (2004). How does private finance affect public health care systems? Marshaling the evidence from OECD nations. Journal of Health Politics, Policy and Law, 29 (3), p. 359-396.

[4] Commissaire à la santé et au bien-être (2016). Apprendre des meilleurs : étude comparative des urgences du Québec. Téléchargé de : https://www.csbe.gouv.qc.ca/fileadmin/www/2016/Urgences/CSBE_Rapport_Urgences_2016.pdf

Plus d'articles

Nous demandons l’annulation des hausses
25 February 2018
Hausse de 500M$ de la rémunération des médecins spécialistes
17 February 2018
MQRP dénonce avec vigueur les conditions de travail des infirmières et infirmiers et la réponse du premier ministre
1 February 2018
Le ministre devrait défendre le caractère public du système de santé
22 November 2017
Rémunération des médecins, une réflexion urgente à faire
2 April 2017