Campagne

Projet de loi 20

Les changements apportés par le projet de loi 20 à la pratique de la médecine, principalement celle de la médecine de famille, risquent de perturber l’équilibre de notre système public.

En établissant des cibles minimales de patients devant être inscrits par médecin de famille – avec pénalités financières si ces quotas ne sont pas respectés – le gouvernement mise sur une méthode coercitive plutôt que sur la concertation.

Il nous semble que la solution arithmétique proposée par le gouvernement est vouée à l’échec. Le projet de loi 20 traduit une vision simpliste reposant sur un a priori erroné : la responsabilité du manque d’accès à la première ligne tient au manque de productivité des médecins de famille. Nous nous garderons ici d’alimenter la guerre de chiffres à laquelle s’est appliqué le ministre ces dernières semaines, pour recentrer la discussion sur une évaluation plus globale de l’accessibilité au Québec.

Certaines décisions politiques antérieures ont contribué à la dégradation progressive de l’accès aux services de santé de première ligne. Par exemple, la réduction du financement des établissements publics de première ligne (CLSC et Unités de médecine familiale [UMF]) ainsi que la transformation de plusieurs équipes de médecins de CLSC en groupes de médecine familiale (GMF) – pour lesquels l’accès n’est réservé qu’aux patients inscrits – ont certainement nui à l’accessibilité pour la population générale. De plus, le gouvernement doit prendre sa part de responsabilités pour les dérives découlant des négociations avec les fédérations médicales, sur la question des primes pour patients orphelins notamment.