Communiqué

La coalition CHU sans PPP persiste et signe : non aux PPP! – 19 novembre 2009

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21 novembre 2009

 Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui à Montréal, les membres de la Coalition CHU sans PPP, regroupant médecins, infirmières, architectes, professionnels, techniciens, patients, pharmaciens, travailleurs et autres, ont rappelé au gouvernement Charest leur complète opposition au choix du mode PPP pour la réalisation des hôpitaux universitaires.« La Vérificateur général du Québec nous confirme que les analyses en faveur la réalisation des CHUs en PPP n’ont jamais tenu la route. L’Agence des PPP a répondu à son mandat… en gonflant le coût du mode conventionnel, en ignorant les désavantages du mode PPP et en minimisant les risques liés au PPP. Quel dérapage ! » s’est étonné le porte-parole de la coalition et vice-président de Médecins québécois pour le régime public, le docteur Alain Vadeboncoeur.« Est-ce qu’il faut vraiment rappeler que le mode PPP n’a pas fait ses preuves pour la construction des hôpitaux, bien au contraire ! Les modes conventionnels, connus et maîtrisés, répondent bien mieux aux besoins et respectent les coûts. On vient d’ailleurs d’inaugurer des projets majeurs à l’Hôpital Ste-Justine, conçus et construits en mode public, sans dépassement du budget ni des échéances » a poursuivi le docteur Marie-Claude Goulet, présidente de Médecins québécois pour le régime public.

« Pourquoi continuer à nier cette expertise? Et est-ce qu’on a compris la leçon du monde municipal? Le plein transfert au secteur privé de la conception, la construction, l’exploitation, l’entretien et le renouvellement des projets majeurs peut conduire à des excès. » a affirmé madame Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

Reprenant les propos du vérificateur général, les membres de la coalition ont invoqué l’incertitude du transfert de risque, la précarité du consortium privé, la complexité juridique de la transaction, le manque de flexibilité pour répondre aux besoins et concurrence limitée comme étant très problématiques avec les PPP.

Confondus par l’obstination du gouvernement, les membres de CHU sans PPP ont aussi affirmé avoir maintes fois proposé de revenir au mode conventionnel pour les futurs CHUM et CUSM et la rénovation du CHUQ. « Comme nous, les ingénieurs et les entrepreneurs en construction ont émis des réserves considérables dans ce dossier. Depuis, différents signaux nous laissaient croire que le gouvernement allait abandonner ce mode. Nous avions salué prudemment ces orientations, mais ces dernières semaines, le gouvernement a recommencé à encenser le mode PPP, ce qui est une grave erreur. » a poursuivi monsieur Pierre Frisko, directeur des communications de l’Ordre des architectes du Québec.

« En réalité, il est impossible d’affirmer que les économies suggérées se matérialiseront : le choix des PPP pourrait même coûter beaucoup plus cher, comme le montre le vérificateur quand il pondère les hypothèses les plus douteuses. » a complété monsieur Louis Roy, vice-président de la CSN.

« Des événements sont venus nous confirmer l’importance rejeter le mode PPP : l’abandon du PPP pour l’échangeur Turcot aurait dû influencer la réflexion. Pourquoi ? Toutes les raisons invoquées par la ministre Julie Boulet s’appliquent aussi aux CHUs : crise économique mondiale, resserrement du marché du crédit, manque de souplesse du mode PPP pour des projets de cette envergure, zone urbaine dense, abondance des partenaires, etc. » a ajouté madame Dominique Verreault, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

Les membres de la coalition CHU sans PPP ont terminé en exhortant de nouveau le gouvernement du Québec à abandonner dès maintenant le mode PPP pour les CHUs, puis à revenir sans tarder au mode conventionnel. « Notre position est d’ailleurs endossée par les présidents des trois fédérations médicales du Québec. Ces choix qui vont déterminer la qualité des installations universitaires en santé pour le prochain demi-siècle. L’Agence des PPP a été abolie, il faut maintenant révoquer aussi ses conclusions. » a conclu le docteur Alain Vadeboncoeur.