Communiqué

Lancement de la campagne sur les frais accessoires 2013

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Marie-Alberte Soudan
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21 juin 2013 — MQRP lance une campagne d’information et de mobilisation contre les frais facturés aux patients pour des soins couverts par le régime d’assurance-maladie. MQRP juge que ces frais souvent abusifs et parfois même illégaux constituent une barrière inacceptable à l’accès aux soins, notamment pour les plus démunis.

« On parle d’un problème sérieux, qui menace l’accès aux soins pour ceux qui n’ont pas les moyens. Quand c’est devenu presque normal de payer pour un formulaire, une prise de sang ou une injection, les gens n’arrivent plus à faire la différence entre ce qui est facturable et ce qui ne devrait pas l’être. Dans bien des cas, ils ne devraient pourtant rien payer, parce que la loi est claire: pour les soins médicalement couverts par le régime public, il ne devrait pas y avoir de frais, sauf exceptions bien définies. Or, ce n’est pas ce qu’on voit sur le terrain et c’est déplorable. » a commenté le Dr Alain Vadeboncoeur, président de MQRP.

En plus de son Rapport annuel traitant en profondeur de cette question, MQRP diffuse aujourd’hui un outil d’information (version anglaise ici) sur le sujet et une Page Facebook pour informer les patients et les médecins sur la question. Il réclame du même coup que le gouvernement, le Collège des médecins et les fédérations médicales agissent ensemble afin d’offrir une information plus complète et d’appliquer des mesures de contrôle plus efficaces.

« Nos patients, qui sont vulnérables, sont pris en otage : il est difficile pour eux de refuser de payer, surtout quand on leur présente cela comme inévitable, sans plus d’information. Par ailleurs, les recours légaux étant longs, complexes et non confidentiels, ils découragent beaucoup de gens. Il faut donc faciliter le processus de plainte et appliquer les sanctions nécessaires, lorsque c’est indiqué. » a renchéri la Dre Camille Gérin, secrétaire-trésorière et co-auteure du rapport.

MQRP demande aussi que les rares exceptions qu’on retrouve actuellement dans la loi soient levées et que la couverture soit élargie afin que les soins médicalement requis soient couverts par le régime public. “Il serait très simple que les médicaments et agents anesthésiques administrés en cabinet soient couverts par l’assurance-médicaments. De plus, s’ils sont requis d’un point de vue médical, les attelles, les renouvellements d’ordonnance et les formulaires ne devraient pas être aux frais du patient. Finalement, comme les soins se transforment et sont de plus en plus souvent donnés par des équipes multidisciplinaires dans la communauté, il est temps d’élargir la couverture publique pour s’assurer que ces soins soient accessibles à tous.“, a ajouté la Dre Isabelle Leblanc, vice-présidente, également co-auteure du rapport.

MQRP déplore enfin que de plus en plus de cliniques facturent des forfaits annuels pour des services non assurés et que cette pratique, bien qu’illégale, est avalisée non seulement par les fédérations médicales, qui suggèrent une procédure et des tarifs à leurs membres, mais aussi par le Collège des médecins.

« Nous demandons donc au gouvernement, aux fédérations et au Collège des médecins d’agir ensemble afin de mettre un terme aux problèmes liés aux frais accessoires facturés aux patients. Nous ne voulons pas d’un système de santé à deux vitesses : avec et sans frais. C’est le besoin et non la capacité de payer qui doit déterminer l’accès pour les soins en cabinet, point final. » a conclu le Dr Alain Vadeboncoeur.