Communiqué

Médecins québécois pour le régime public appelle à rejeter la réforme Barrette et sa dérive autoritaire

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19 octobre 2014 — À l’occasion du début de la commission parlementaire portant sur le projet de loi 10, Médecins québécois pour le régime public (MQRP) presse les élus et la population de rejeter un projet de réforme proposant une centralisation sans précédent des pouvoirs dans les mains du ministre.

« Sous prétexte d’assainir les finances publiques, le gouvernement octroie l’ensemble des pouvoirs au ministre de la Santé. Nous sommes très inquiets par ce modèle de gestion autocratique, inadapté à un système complexe et en constante évolution » a affirmé  la docteure Isabelle Leblanc, présidente de MQRP. « Le ministre veut non seulement réduire de manière draconienne le nombre d’établissements, fusionnant sans respecter les missions de chacun, mais il se donne aussi le pouvoir de nommer tous les membres de tous les conseils d’administration, ouvrant ainsi la porte à l’arbitraire et au favoritisme » a-t-elle poursuivi.

MQRP, qui s’est vue refuser l’accès à la Commission parlementaire – une première quant aux projets de loi touchant l’organisation des services de santé – a aussi dénoncé l’absence de consultation dans l’élaboration du projet de loi :  « C’est avec mépris que le gouvernement libéral, sans effectuer de consultation des travailleurs et des gestionnaires du réseau, a choisi d’imposer sa vision, au risque de tout déstabiliser, alors qu’il est évident qu’une réforme d’une telle envergure doit être discutée, débattue et cautionnée par ceux qui en seront les principaux acteurs » a poursuivi la docteure Marie-Claude Goulet, vice-présidente de MQRP.

MQRP juge que par la concentration des pouvoirs proposée, l’abolition des contre-pouvoirs, le recul de la participation citoyenne et le risque élevé de conflits d’intérêts, ce rouleau compresseur n’épargnera personne – cadres, médecins et travailleurs et travailleuses – et n’apportera aucune solution pour améliorer l’accès et les services.

« En tant que médecins voués au maintien et à l’amélioration du régime public en santé,  nous lançons un cri d’alarme et appelons la population et l’ensemble du réseau à lutter contre son adoption, puis à se retrousser les manches pour trouver des solutions efficaces, humaines et démocratiques permettant d’améliorer notre système de santé. De plus, comme cette restructuration risque de fragiliser encore plus les services, nous pensons qu’il pourrait aussi ouvrir la porte au privé, qui se présenterait en sauveur, en laissant tous les pouvoirs au ministre de conclure des ententes de services avec les dispensateurs de soins privés » a ajouté la docteure Isabelle Leblanc.  « Nous pourrions bientôt voir disparaître les valeurs fondamentales qui inspirent, depuis sa création, notre régime public de santé : le bien commun, la solidarité et la démocratie  » a-t-elle déploré en conclusion.