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Mémoire de MQRP – commission sur le projet de loi 10

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28 octobre 2014 — Ce mémoire a été présenté à l’Assemblée nationale par Dre Isabelle Leblanc, présidente de MQRP et Dre Karyne Pelletier, conseillère de MQRP, aux audiences de la Commission sur la santé et les services sociaux sur le projet de loi 10.

Voir la vidéo de la présentation

« Nous, Médecins québécois pour le régime public, croyons que ce projet de loi devrait être retiré. Nous croyons qu’une telle refonte de la gestion du système de santé n’est justifiée en rien et que l’absence d’énoncé de principes doit faire douter sérieusement de son bien-fondé. Les risques inhérents à la gestion de tout le système de santé par un ministre et les administrateurs qu’il nomme directement nous semblent dangereux et antidémocratiques. La participation citoyenne à la gestion et au choix des orientations de notre système public devrait dépasser le geste de faire une croix sur un bulletin de vote une fois tous les quatre ans. Pour garantir le droit à la santé et protéger le bien commun, il est impératif de remettre la notion de service public au coeur de la gestion et de redonner le pouvoir d’administration aux citoyens et aux soignants.

Les chamboulements majeurs et rapides et son ouverture claire à la sous-traitance entraînera la une déstabilisation importante de tout le système et ouvrira la porte à la privatisation passive (et peut-être même active). La qualité des soins aux patients et la réponse aux besoins locaux de la population seront compromis si ce projet de loi est adopté.

Nous pouvons reprendre la conclusion de notre analyse du projet de loi 127 en 2011 : « La gestion doit être un moyen et non une fin. Au service d’une mission de service public définie par la loi, elle ne doit pas en définir les prémisses ».

Nous nous opposons à une telle dérive dans la gestion du système de santé et croyons que le gouvernement du Québec doit cesser d’accumuler les réformes administratives, mais plutôt mettre au coeur des décisions la mission clinique et les services publics destinés à servir l’ensemble de la population, avec la participation de celle-ci, des acteurs du réseau, des gestionnaires et de la classe politique, en mettant véritablement le patient et la population au centre des décisions. »