Nous assistons, depuis quelques années, à une remise en cause en profondeur du système public de santé. Prétextant un « ordre » inexistant de la Cour suprême et la « crise » du financement public, pourtant créée de toutes pièces par les baisses d’impôts1, le gouvernement québécois a amorcé un virage dangereux vers la marchandisation des soins. Assurance duplicative, cliniques à but lucratif, partenariats public-privé, marché interne, financement des établissements par activités, tarification des services, modèles de gestion inspirés du monde des affaires. . . le marché s’installe implacablement. Malgré toutes les démonstrations de la supériorité du système public, l’idéologie du privé a d’ardents défenseurs disposant de grands moyens. Face à cette offensive multiforme, il faut agir.
Depuis l’assemblée de fondation officielle de MQRP le 28 novembre 2008, le conseil d’administration élu par l’assemblée générale s’est réuni régulièrement. Il a organisé des activités d’information auprès de divers publics, il a poursuivi l’analyse des politiques gouvernementales et il est intervenu dans l’actualité, de sa propre initiative ou à la demande des médias ou d’autres organisations partageant ses préoccupations. Vous trouverez à l’annexe I la liste des principales activités des membres du CA.
L’objet du présent rapport est aussi de présenter à l’Assemblée générale les propositions de revendications prioritaires et d’actions que nous espérons mener au cours de la prochaine année.
Il s’agit essentiellement :
- d’améliorer nos moyens de communication avec les médecins, les amis et le grand public ;
- d’intensifier nos actions sur les actes exclus, les frais accessoires et le nombre croissant de médecins non participants à la RAMQ, qui remettent en cause la gratuité des services médicalement nécessaires et leur accessibilité pour tous ;
- d’exercer les pressions nécessaires pour faire appliquer l’interdiction de la mixité des médecins participants et non participants dans une même clinique, prévue dans la loi 34, mais dont la date d’application est sans cesse reportée ;
- de poursuivre la lutte contre la construction de CHU en PPP ;
- de collaborer avec les groupes qui entreprennent une vaste campagne pour un régime public universel d’assurance médicaments au Québec.
En améliorant le système public avec des solutions publiques, on éloigne la marchandisation de la santé et ses effets délétères.
Saïdeh Khadir, présidente, pour le CA de MQRP
