Rapport annuel 2019 – Le « philanthrocapitalisme » des fondations en santé : Étude des impacts sur le système public de santé et de services sociaux

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« Charity should be abolished and replaced by justice. »
– Dr Norman Bethune

Personne n’est contre la vertu. Il pourrait donc sembler curieux que nous nous interrogions sur le rôle de la philanthropie dans notre société. Le don, perçu comme acte gratuit et charitable, synonyme d’amour envers autrui, est difficilement remis en question. Il ne s’agit donc pas de remettre en cause le don en tant que tel, mais bien de prendre acte de ce qu’est devenue la philanthropie aujourd’hui et de problématiser son rôle grandissant au sein des institutions publiques.

Qui n’a pas remarqué dans les dernières années la présence de plus en plus importante de donateurs privés soulignée sur les murs et installations de nos hôpitaux publics? Quel rôle jouent des œuvres comme La Grande Guignolée ou Bell cause pour la cause dans la mission sociale de l’État? Comment des programmes tels que les centres de pédiatrie sociale du Dr Julien ou les partenariats du gouvernement avec la Fondation Chagnon influencent‑ils l’orientation des services et l’accès au système public de santé?

Les politiques néolibérales des dernières décennies ont mené à la mise en place d’un État agissant de plus en plus de manière comptable, ayant comme principal but de diminuer ses dépenses de fonctionnement. Un des moyens utilisés par l’État pour se désengager de ses responsabilités sociales est la promotion de la philanthropie, ou de la charité, comme remplacement de la solidarité sociale. Les conséquences sociales, notamment en éducation et santé, directement liées à ce glissement sont à notre avis substantielles, et c’est ce que nous aborderons dans ce rapport.

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