Vendredi le 3 mai 2024, Montréal ― Lundi dernier, le gouvernement Legault annonçait l’embauche de l’ancienne patronne de Biron Groupe Santé, Geneviève Biron, au poste de présidente de la future agence publique Santé Québec. Qu’un tel mandat soit confié à une gestionnaire issue du secteur privé ne nous a évidemment pas surpris ; toutefois, cette nomination entraîne un renouvellement de nos inquiétudes face à l’admiration évidente que porte notre gouvernement à l’endroit du secteur privé, de sa logique de marché et de son approche bureaucratique rigide et hyper-centralisatrice. Nous osons espérer que Mme Biron sera ouverte à collaborer avec MQRP afin de profiter de nos idées, de notre expertise et de nos connaissances acquises à même le terrain, mais aussi que la mise en place des stratégies d’action et de gestion de Santé Québec se fera dans le respect des données probantes, lesquelles démontrent d’ailleurs la supériorité du système public en matière d’accessibilité et de qualité des soins de santé.

Avec la création de la « super-agence » Santé Québec, le gouvernement de François Legault avait déjà clairement exprimé son désir de pousser la logique centralisatrice de la Nouvelle Gestion Publique à son extrême conclusion, en gérant les affaires publiques ― incluant la santé ― à la manière d’une entreprise privée. Parlant d’un complément au système public plutôt que d’un compétiteur direct, la CAQ choisissait ainsi de faire passer ses préférences idéologiques pour un soi-disant pragmatisme qui ne tient pourtant pas la route. En effet, loin de bonifier l’offre en soins de santé, la présence de plus en plus envahissante du privé viendra plutôt voler des ressources du public, et ce, afin de les mettre au service du « libre-marché » et des intérêts économiques d’une poignée d’individus. Ce déplacement du personnel en direction du privé, lequel nous est présenté par le gouvernement comme la seule solution à un problème d’efficience que les plus récentes réformes de la santé ne sont pourtant jamais parvenues à régler, ne fera d’ailleurs qu’ajouter à la lourdeur d’une bureaucratie déjà trop déconnectée des réalités du terrain.  

Si l’on soumet notre santé collective aux logiques du marché, il va de soi qu’une imposante structure bureaucratique sera nécessaire pour assurer que la quête de profits ne se fasse pas au détriment de la qualité des services. Incidemment, nous sommes d’avis qu’il serait davantage efficient de retirer complètement la quête de profits de l’équation et de remettre la gestion des services entre les mains des professionnels de la santé ― le tout au sein d’un système public accessible et fonctionnel.

MQRP espère donc que Santé Québec, sous la direction de Geneviève Biron, aura le courage et la volonté de faire ce qu’aucun gouvernement n’a cherché à faire depuis 20 ans, soit d’investir sérieusement dans le système public plutôt que d’accroître encore davantage le financement des entreprises privées. Après tout, la crise qui règne en santé et qui affaiblit depuis trop longtemps le système de santé québécois n’est pas une fatalité. Il s’agit plutôt de la conséquence d’un choix politique délibéré : celui de laisser le système public se détériorer jusqu’à ce que la privatisation nous apparaisse finalement comme inévitable.

 

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Francis Baumans

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